#Interview 11 : Louis & Sylvain de Cosmoz



Présentez-vous et votre parcours en quelques mots ? 

Louis Brauer, 26 ans, ingénieur chimiste de formation. J’ai créé la boite en stage de fin d’études et du coup je n’ai jamais travaillé en tant qu’ingénieur. J’avais été incubé dans mon école l’ITECH et ensuite j’ai postulé au Start après la fin de mes études.

Sylvain Berland, j’ai fait la même école que Louis et il m’a proposé de m’associer à lui, alors qu’il avait lancé la boite depuis un an. On a signé autour d’une bouteille de champagne !

Motivation : l’entrepreneuriat ou la cause ?

L : Entreprendre d’abord car mon père est entrepreneur. Il a commencé au même âge que moi et a toujours la même boite. Par conviction aussi, on apprenait à l’école tout ce qui est perturbateur endocrinien. Pourquoi continuer à empoisonner les consommateurs alors qu’on peut faire mieux ?

S : Moi je ne l’avais jamais envisagé, mais j’ai été tenté par l’aventure, l’opportunité.

Comment se sent-on en tant qu’entrepreneur ?

L : Pauvre ! La liberté à un coût, on a un stress motivateur qui nous pousse dès le matin.

S : Libre.

Quelle est la journée type d’un jeune entrepreneur ?

S : Pas vraiment de journée type, mais plutôt démarchage commercial le matin et gestion l’après-midi.

L : Beaucoup de démarchage commercial. Notre première embauche ce sera de la communication, ensuite un commercial.

Un conseil pour ceux qui n’osent pas se lancer ?

L : Il ne faut pas avoir peur, on n’a rien à perdre en tant que jeune. C’est un chèque emprunté à la banque, 10 000€ ça se rembourse facilement.

Votre projet en quelques mots ?

L : On propose une gamme de cosmétiques bio au miel de Manuka, pour les problèmes de peau type eczéma, acné, cicatrices… avec seulement des plantes. On peut sortir des produits de parapharmacie pour traiter ça.

Comment vous ai venue l’idée ?

L : Lors d’un voyage en Nouvelle-Zélande il y a quatre ans, je me suis retrouvé un soir avec des Maoris et on a parlé de leur culture et de leurs dieux. Chez eux le Manuka soigne tout, comme le Dafalgan chez les européens. En chimiste, je me suis renseigné sur la plante : pourquoi c’était cher et rare dans le monde. Il y a un actif antibactérien dedans, avec un large spectre digestif la peau. C’est comme ça que le projet a émergé. On ne le trouve qu’en Nouvelle-Zélande et en Australie.

Pour le moment, on importe le miel, avec pour but de créer la filière française, pour en cultiver ici et supprimer l’empreinte carbone forte sur ce produit.

Selon vous, à quel besoin répondez-vous ?

L : Principalement aux besoins de la femme qui a fait son virage bio après 25 ans, une femme active qui a des boutons à cause de différents phénomènes : cycle hormonal, grossesse… et qui cherche des solutions efficaces.

S : On a testé tous les canaux de vente : en ligne, en magasins bio et pharmacie. Ça marche bien en magasins bios.

Quels sont les challenges de votre startup ?

S : Se payer, ça fait presque un an qu’on vend mais il faut faire des volumes importants pour en vivre.

Comment voyez-vous l’avenir ?

S : On aimerait sortir une nouvelle gamme en 2019 ou 2020.

L : On voudrait créer la filière française du Manuka et développer d’autres produits autour.

Que vous apporte le suivi à l’incubateur Manufactory ?

L : Du café gratuit (rires) ! Du challenge sur notre façon de percevoir l’entrepreneuriat. Lors du tout premier rendez-vous avec Pierre ( N.D.L.R Poizat, Directeur de l’incubateur Manufactory » au Start il nous a dit « Cassez-vous de l’incubateur pour aller voir des clients ! ». Un « coup de pied aux fesses » qui nous a fait du bien. L’incubateur n’a pas d’intérêt économique à nous voir réussir ou rater donc c’est en tout objectivité.

S : La dynamique avec tous les entrepreneurs, le réseau…

Qui vous inspire le plus et pourquoi ?

L : Mon père qui a entrepris au même âge que moi. Quand j’étais gosse, j’allais dans sa boite les samedis. J’ai toujours vécu dans une entreprise « qui m’appartenait ». Mon père, fils d’agriculteur a pu atteindre un niveau de vie plus que correct grâce à son entreprise (un négoce d’ail, oignons et échalotes pour les supermarchés).

S : Je ne pense pas à une personne qui m’inspire, ce sont plus les grands artistes, les sportifs, les voyageurs.

Votre livre, série du moment ?

L : Je ne suis pas un grand lecteur de bouquin. Un film qui m’a bien bouleversé c’est « 120 battements par minute », je suis passé par toutes les émotions, c’est rare qu’un film m’emporte autant.

S : France-Belgique ! (N.D.L.R Interview réalisée pendant la Coupe du Monde 2018). Je ne vis que pour ça, les grandes légendes sportives. Sinon j’écoute tout le temps Bob Marley, pour sa musique mais aussi sa philosophie.

Le produit que vous aimeriez faire ?

L : Je rêverais de faire du Manuka français, avoir un lien avec la terre, me tourner vers l’agriculture..

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