Portrait d’Aurélie Debia – Membre du jury concours J’M Entreprendre 2019



Présentez-vous vous présentez en quelques mots ?

Aurélie Debia, je suis chargée de développement et d’accompagnement pour la couveuse d’entreprises Auxime Envolys.

Auxime est membre de l’Union des Couveuses – environ une cinquantaine de couveuses dans toute la France – et nous avons des antennes à Grenoble et à Toulouse. Notre métier est d’accompagner des porteurs de projets de création d’entreprises dans la phase de test opérationnel de leur projet. Les objectifs sont que le porteur de projet puisse vérifier la viabilité de son projet, se tester en tant que chef d’entreprise et surtout apprendre à le devenir.  

Le service que nous offrons permet à des porteurs de projet de travailler légalement sans immatriculer leurs entreprises, en bénéficiant de la structure juridique de la couveuse et la gestion des tâches administratives et comptables de l’activité. Ils bénéficient ainsi d’un accompagnement individuel et collectif, sur des thématiques diverses comme le développement commercial et juridique, la gestion de leur entreprise, la gestion du temps, etc… La couveuse est également un réseau d’entrepreneurs : il y a les séances de travail, le répertoire des membres ainsi que les soirées « business Agora » qui permettent de rencontrer un plus grand nombre d’entrepreneurs. Cette période de test pour les porteurs de projet peut durer jusqu’à 3 ans. Le test se fait via le contrat CAPE (Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise).
Les personnes que nous accompagnons doivent être avancées au stade du projet et non de l’idée et avoir déjà réfléchi / commencé à élaborer un Business Plan. Nous vérifions également que l’activité est compatible avec ce que l’on peut assumer en termes d’assurance. En effet, nous sommes l’entité juridique légale ; c’est donc nous qui assumons les risques, Auxime ne peut pas faire de négoce achat-revente par exemple mais nous pouvons héberger des activités d’intermédiaire commercial. Nous accordons également beaucoup d’importance à l’adéquation entrepreneur/projet. Au-delà des compétences en lien avec le projet, c’est aussi la motivation du porteur de projet qui est jaugée.
Nous accompagnons environ 300 projets de manière permanente avec 180 entrées chaque année. Les entrepreneurs restent en moyenne 1 an demi dans notre structure. Ces personnes sont plutôt des personnes en profession libérale, consultants, ingénieurs, informaticiens, commerciaux, qui sont en deuxième partie de carrière. En général, ces porteurs de projets ont connu le salariat et ont envie de découvrir l’entrepreneuriat en sécurisant cette transition. Environ 45% d’entre eux quittent la structure pour créer leur entreprise et 32% retournent vers un emploi salarié. L’entrepreneuriat est, à terme, une source d’employabilité, un projet à valoriser face à un employeur potentiel.

Quel est votre lien avec l’incubateur ?

Nous avons eu connaissance du concours grâce à une collaboratrice qui été affiliée chez Auxime en tant que consultante indépendante et qui menait des actions de sensibilisation à l’entrepreneuriat au sein de l’Université Jean Moulin Lyon 3. C’est pourquoi Auxime fait partie du jury du concours depuis le début du concours.
Il existe par ailleurs un lien institutionnel entre les Couveuses et l’entrepreneuriat étudiant. L’Union des Couveuses est partenaire du programme PEPITE dans le cadre des Contrat d’Appui d’Entreprise (CAPE), une formule d’aide à la création d’entreprise dans le cadre du Diplôme d’Etudiant Entrepreneur (D2E). Notre dirigeant participe notamment au comité de sélection du PEPITE Beelys à Lyon.
C’est important de sensibiliser les étudiants et de leur montrer que l’entrepreneuriat leur est accessible et n’est pas réservé qu’à une élite. Peut-être que l’entrepreneuriat sera l’avenir économique, moins d’emplois et plus d’activités indépendantes. Participer à une action qui sensibilise les étudiants à l’entrepreneuriat est important pour nous.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’être jury au concours JME ?

Fille de chef d’entreprise, j’ai fait une école de commerce – l’IFAG – qui est une des premières écoles à avoir travaillé sur l’entrepreneuriat. Nous devions travailler sur un cas de création d’entreprise fictive, inventer un produit – couverture phosphorescente – trouver l’idée, travailler sur le BP, avec une présentation commerciale devant le jury… L’entrepreneuriat m’a toujours portée au niveau personnel, de par ma formation, et au niveau professionnel bien sûr. Les initiatives étudiantes m’épatent, je trouve qu’ils ont beaucoup d’audace. Cela permet de voir comment évoluent les projets, les nouvelles tendances de consommation, de rester en veille, de suivre l’actualité des entrepreneurs de demain et les tendances. Je les connais aujourd’hui mais cela nous permet de nous préparer pour mieux connaître les entrepreneurs que l’on va accompagner demain et réfléchir à notre évolution.
Chez Auxime, je m’occupe de tout ce qui est relatif aux partenaires et à la prescription sur différent lieux. Je travaille chez Auxime depuis 11 ans, le poste m’intéresse et je suis toujours en contact avec des entrepreneurs.
Cette année nous offrons aux 4 gagnants la possibilité d’intégrer les ateliers « entreprenons ! ». Ce sont 6 séances de rencontres/réseaux à raison d’une séance d’une demi-journée par mois.

Quel est le projet qui vous a le plus marqué jusqu’à présent ?

Handivoyage (aujourd’hui MobeeTravel) ! Il y avait une vraie adéquation entre l’entrepreneur et le projet. C’est un projet qui avait du sens, une finalité sociale, tu sentais vraiment qu’il était en phase avec ce qu’il faisait. C’est fort à 20 ans d’avoir cette maturité pour porter ce projet. L’idée était super.
Ce que je retiens au fil de ces années c’est surtout les porteurs de projet comme Manon de La Lyonne Project (aujourd’hui Mon Rituel), qui avait été épatante lors de son pitch en finale.
Ce qui me marque le plus c’est toute la préparation et l’investissement qu’ils mettent pour présenter leur projet alors qu’ils sont encore étudiant. On les sent très investis et c’est un des facteur clé de succès pour convaincre les gens.

Un conseil à donner aux candidats ?

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